Introduction
Le matin, il se lève difficilement. Il arrive en cours les yeux cernés, le dos un peu voûté. Il ne se plaint pas, il s’adapte. Il fait ce qu’on attend de lui. Mais dès que le jour tombe, un autre rythme commence. Il attrape son téléphone. Il ouvre YouTube, Discord, Instagram, TikTok. Il regarde des vidéos, discute avec des inconnus, commente, partage, s’amuse, procrastine. Il oublie le temps. Ou plutôt : il le fuit.
Ce n’est pas de la simple distraction. Ce n’est pas de la paresse. C’est un symptôme. D’un trop-plein. D’un manque. D’un besoin de lâcher prise que la journée ne lui a pas permis de vivre. Ce temps volé sur la nuit devient un espace à lui. Un sas. Un exutoire. Et pourtant, il le paie cher. Car la dette de sommeil s’accumule. Et avec elle, l’irritabilité, le désengagement, la fatigue chronique.
I. Le décalage entre rythme imposé et besoin réel
Le lycée impose une cadence. Sept heures de cours, des devoirs le soir, des contrôles réguliers. Et peu d’espaces pour souffler. L’adolescent suit. Il s’adapte. Mais son corps, son esprit, ses émotions, eux, réclament autre chose. Plus de liberté. Plus de jeu. Plus de lien. Il tente de combler ce manque le soir, quand personne ne l’observe, quand les injonctions se taisent.
Le scrolling devient alors une forme de respiration. Même si elle est toxique. Ce n’est pas l’écran qui le piège. C’est le silence de ses besoins non exprimés. Le téléphone devient le lieu de ses échappées. Et ce rituel nocturne, s’il le soulage sur l’instant, le désorganise sur le long terme. Mais comment dire qu’on est fatigué quand on ne se sent jamais vraiment vivant ?
II. La fatigue comme symptôme, pas comme faute
Trop d’adolescents sont épuisés. Pas seulement physiquement. Émotionnellement. Psychiquement. Ils vivent dans un entre-deux : le jour, ils répondent à ce qu’on attend d’eux ; la nuit, ils se reconnectent à ce qu’ils ressentent. Mais ce rythme, à la longue, les vide. Ils ne savent pas comment rompre ce cercle. Ils ont honte parfois. Ils se disent qu’ils manquent de volonté. Qu’ils sont "des grosses merdes", comme ils le formulent parfois eux-mêmes.
Et pourtant, ce n’est pas une faute. C’est une stratégie de survie. Maladroite, certes, mais lucide. Ils ne s’abandonnent pas. Ils cherchent encore. À travers leurs écrans, ils cherchent une sensation, une appartenance, un sentiment d’être. Il ne s’agit pas de les sermonner. Il s’agit de les entendre.
III. Le coaching comme réconciliation avec soi
Le coaching professionnel peut devenir ce lieu où l’adolescent reprend la main. Non pas pour "se discipliner", mais pour se réajuster. Le coach ne vient pas imposer un planning de sommeil. Il vient interroger : qu’est-ce que ces nuits racontent ? Qu’est-ce qu’elles compensent ? Qu’est-ce que le jour ne permet pas ? Ensemble, ils posent des mots, éclairent des mécaniques, nomment des besoins.
Ce travail d’écoute active permet au jeune de remettre du sens dans son rythme. Il peut alors choisir de changer non pas parce qu’on le lui demande, mais parce qu’il le ressent. Il retrouve un pouvoir sur son temps. Et à travers ce simple réajustement, c’est parfois toute une posture de vie qui se transforme.
Conclusion
Un adolescent qui scrolle la nuit n’est pas juste fatigué. Il cherche une issue. Un souffle. Une manière d’exister dans un monde qui l’engloutit un peu trop vite. Si vous êtes parent, et que vous constatez cette dérive nocturne chez votre enfant, ne voyez pas une rébellion. Voyez un signal. Il est encore temps d’écouter. Je suis à votre disposition si vous souhaitez en parler.