Introduction
Il a le regard droit, les épaules droites, les notes correctes. Il répond quand on lui parle, il fait ses devoirs, il n’a pas de retard. Il donne l’impression d’aller bien. Mais quand il est seul, le silence s’installe autrement. Un silence plus épais, plus lourd. Il ne pleure pas. Il ne crie pas. Il pense. Il tourne en boucle. Il essaie de comprendre ce qui coince, ce qui manque, ce qui fait mal sans bruit.
Il ne veut pas déranger. Il ne veut pas inquiéter. Il sent bien que ses parents ont déjà leurs propres soucis. Alors il tient. Il minimise. Il enrobe. Et comme tout semble "aller", personne ne creuse. Il devient ce jeune qu’on ne remarque pas, ou qu’on félicite pour sa maturité. Mais à l’intérieur, c’est le chaos. Ou pire : le vide.
I. Le masque de la normalité
L’adolescence n’est pas toujours une tempête visible. Parfois, c’est une mer calme en surface, mais pleine de remous au fond. Certains jeunes n’expriment rien. Non parce qu’ils vont bien, mais parce qu’ils ont appris à taire. Ils ont compris qu’on récompensait ceux qui "gèrent", ceux qui "ne posent pas de problème". Alors ils se construisent une façade.
Mais ce masque devient vite une prison. Ils ne savent plus comment sortir de ce rôle. Ils ne savent plus comment demander de l’aide sans avoir l’air faibles. Ils pensent qu’ils doivent porter seuls ce qu’ils ressentent. Qu’un mal-être discret ne mérite pas d’attention. Alors ils continuent. Ils deviennent experts en esquive, en réponse courte, en "ça va t’inquiète".
II. Ce que ces silences disent
Derrière ces "ça va", il y a parfois de la fatigue, du doute, du découragement. Un sentiment de ne pas être à la hauteur. Un ennui profond. Une solitude non nommée. Mais tout est tellement bien tenu qu’on n’y voit rien. Le danger, c’est que le mal-être finisse par s’installer durablement. En silence. Et que l’adolescent se dise qu’il doit continuer comme ça, toute sa vie.
Ces jeunes-là ne manquent pas de ressources. Mais ils manquent d’espaces. D’espaces sans attentes, sans jugement, sans injonction à aller mieux. Juste un lieu où ils peuvent exister tels qu’ils sont, avec leurs paradoxes, leurs incertitudes, leurs forces fatiguées.
III. Le coaching comme lieu de vérité douce
Le coaching professionnel offre cet espace. Là où tant d’adultes posent des questions pour corriger, le coach questionne pour accueillir. Il ne cherche pas à forcer l’ouverture. Il reste présent. Il écoute ce qui n’est pas dit. Il reflète ce qui tremble à peine. Et peu à peu, l’adolescent se détend. Il ose déposer un peu. Il découvre qu’il peut être entendu sans devoir se justifier.
Ce travail n’apaise pas tout en une séance. Mais il ouvre une brèche. Une possibilité. Un point d’ancrage. Il permet de sortir du rôle. De retrouver une parole vivante. Et cela suffit parfois à allumer une étincelle. Celle de l’estime. Celle du possible.
Conclusion
Il y a tant de jeunes qui tiennent sans rien dire. Qui sourient avec pudeur, mais souffrent en silence. Ce qu’ils attendent n’est pas une solution, ni un discours. C’est une présence. Une écoute. Une main invisible qui leur dise : tu peux t’asseoir ici, tu n’as rien à prouver. Si vous êtes parent et que vous sentez, au fond, que quelque chose ne va pas malgré les apparences, il existe des espaces discrets pour ça. Je suis à votre écoute si vous souhaitez en parler.