Introduction
Il ne sait pas. Il cherche, ou il fait semblant. Il avance à tâtons. Il entend parler de Parcoursup, de débouchés, de filières d’avenir. Il clique, compare, se perd dans les listes, les chiffres, les conseils contradictoires. Et il sent monter l’angoisse. Non pas parce qu’il refuse de choisir, mais parce qu’il ne sait pas sur quoi s’appuyer. Il n’a pas de désir clair. Pas de vocation innée. Pas de rêve figé.
Et cela, dans une société qui exige d’avoir un plan, un projet, un cap, c’est presque un crime. On lui dit d’explorer, mais vite. De douter, mais bien. De choisir, mais maintenant. Alors il doute en cachette. Il se tait, ou il se fige. Il attend un déclic qui ne vient pas. Et il se juge pour ce vide qu’il n’a pas demandé.
I. Le mythe du choix précoce
On valorise les jeunes qui savent ce qu’ils veulent. On admire ceux qui disent dès la seconde : "Moi, je veux faire médecine." On les montre en exemple. Et tant mieux pour eux. Mais ceux qui ne savent pas ? Ceux qui ne sentent rien de clair ? Ceux qui ne sont ni brillants dans une matière, ni passionnés par un domaine ? On les soupçonne d’immaturité. On les pousse à "se bouger", à "se renseigner", à "se décider".
Or, cette incertitude n’est pas une carence. C’est un espace. Un intervalle précieux. Un temps de gestation intérieure. Une forme de fidélité à soi, à ce qui n’est pas encore prêt. Il ne s’agit pas d’attendre que tout s’éclaire. Il s’agit de respecter ce temps flou, de l’accompagner, de le légitimer. Car c’est souvent dans ces zones d’incertitude que naissent les chemins les plus vrais.
II. Ce que vivent les adolescents silencieusement
Ils regardent les autres avancer, affirmer, décider. Et ils se sentent à la traîne. Ils disent "je verrai", "je ne sais pas encore", mais à l’intérieur, ils tremblent. Ils ont l’impression d’être en retard sur une course dont ils ne comprennent pas les règles. Ils tentent des listes, des tests, des recherches. Mais ils ne savent pas par où entrer. Car ce qui leur manque, ce n’est pas l’information : c’est l’envie. Le lien. L’élan.
Ils se sentent seuls avec leurs "je ne sais pas", alors qu’ils sont des milliers à vivre la même chose. Et cette solitude les empêche de poser leurs vraies questions : Qui suis-je, moi ? Qu’est-ce que j’aime vraiment ? Qu’est-ce que je veux essayer, tenter, explorer ? Tant que ces questions ne trouvent pas leur place, les réponses données seront toujours extérieures. Jamais vivantes.
III. Le coaching comme boussole intérieure
Le coaching professionnel n’apporte pas de solution miracle. Il ne remplit pas les vides à la place du jeune. Il ne fait pas de choix à sa place. Mais il offre un espace pour réfléchir sans pression. Pour nommer ce qui est là. Pour entendre ce qui bouge. Pour explorer sans se juger. Le coach accompagne ce mouvement intérieur, lent, tâtonnant, fertile.
Il aide le jeune à distinguer ce qu’il croit devoir faire de ce qu’il a envie d’explorer. Il l’aide à formuler une direction, même provisoire. Il l’invite à tester, à rencontrer, à s’autoriser des étapes intermédiaires. Ce travail ne vise pas l’efficacité. Il vise la justesse. Il ne construit pas un avenir tout tracé. Il rend le présent plus habité. Et cela change tout.
Conclusion
Un lycéen qui dit "je suis paumé" ne manque pas d’ambition. Il est simplement en chemin. Dans un monde saturé de vitesse, d’images et de plans de carrière, il est précieux qu’un jeune ose ralentir pour mieux écouter ce qu’il devient. Si vous êtes parent, éducateur, ou que vous avez dans votre entourage un adolescent qui doute, sachez que cette incertitude n’est pas une faiblesse. C’est une force, à condition qu’elle soit accompagnée. Je suis à votre écoute si vous souhaitez en parler.